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Avec cinq auteurs publiés entre 1970 et 2018, et l’un des premiers auteurs de feuilletons policiers, le Bénin occupe une place significative dans la production de romans policiers africains. Après Dominique Titus qui a ouvert la voie dans les années 1970 avec des enquêtes policières parues dans un quotidien de Cotonou, Jérôme Nouhouai, Florent Couao-Zotti et Sophie Adonon ont élargi leur public en publiant en France des romans noirs dont le ressort est, surtout pour ce qui concerne les deux premiers, la critique sociale et politique. Du fait du coût de ces livres une fois disponibles localement, le public béninois y a toutefois difficilement accès

Dans une conjoncture africaine où production de romans policiers reste limitée, le Bénin occupe une place honorable avec actuellement cinq auteurs qui publient de façon régulière, certains d’entre eux étant publiés aujourd’hui par des éditeurs locaux comme La Nôtre, Les éditions plurielles, Encres universelles ou Plumes soleil.

Les débuts ne furent toutefois pas faciles et Dominique Titus, que l’on peut considérer comme un des tous premiers auteurs africains  francophones du genre, et l’un des rares (avec par exemple Moussa Konaté et Janis Otsiemi) à se consacrer exclusivement à la littérature policière, dut publier sous forme de feuilletons dans la presse locale (le Daho-Express) de ce qui était alors le Dahomey les aventures du commissaire El Hadj Mamadou Sessé : Le dossier de la marâtre (1970), Liquidez les témoins (1970) et À vous de jouer, commissaire Tonnerre, (1970). Ce n’est que quarante ans plus tard, en 2010, que celles-ci ont été réunies dans une compilation, Quand on aime, assurant à l'auteur, qui dit avoir choisi le roman policier parce qu'il attirait un  plus grand nombre de lecteurs, une plus grande visibilité.

Entre-temps était paru en 1991 aux Éditions La Nôtre Où est passée Fatimata ?, version actualisée de La vierge et le charlatan, publié également dans le Daho-express entre 1972 et 1973. Le roman peut être considéré comme un bon exemple (et l’un des premiers) de ce qu’est souvent le roman policier du continent : une enquête sur un délit de droit commun débouchant dans un second temps sur une dimension plus proche des préoccupations africaines, ici l’importance des guérisseurs et des féticheurs (le Bénin est le pays du Vodoun), et donc de la rivalité entre la médecine traditionnelle et les méthodes occidentales de diagnostic et de soins. Titus a ensuite publié un autre roman, La fille vierge, en 2003.

Dans La mort du lendemain, paru en France chez Présence africaine en 2010, Jérôme Nouhouai décrit les recherches d’un jeune homme pour retrouver sa petite amie disparue lors d’une manifestation d’opposants contre la misère et la corruption. Écrit en courtes phrases percutantes, riche en commentaires politiques, La mort du lendemain est à la fois un roman policier, une épopée vengeresse et un roman d’apprentissage.

Sophie Adonon, qui a aussi publié des romans (dont l’un, Pour une poignée de gombos, qui date de (2013, figure au programme du baccalauréat béninois) et des recueils de poésie, est l’une des rares autrices dans le monde très masculin de la littérature policière africaine. Autre spécificité, elle a créé un héros récurrent, le commissaire Lionel Aza, un policier de Cotonou qui intervient aussi bien en France qu’au Bénin : Sourire macabre (2011), Parole d’immondices (2013) … Comme nombre d’auteurs africains, elle utilise l’intrigue criminelle pour dénoncer la corruption et les dérives du pouvoir, les inégalités sociales et sexuelles, la violence quotidienne et, plus généralement, la difficulté d’obtenir justice

Florent Couao-Zotti, un écrivain prolifique qui ne se limite pas au roman policier, s’est imposé avec La traque de la musaraigne (2014), un roman noir picaresque assez éloigné des codes du genre – pas d'enquête, pas de mort, pas d’enquêteur – qui raconte les  mésaventures d’un jeune poète français errant entre Porto Novo et Cotonou, et qui trouve sur sa route des personnages pittoresques, des petites gens au grand cœur mais aussi des braqueurs de banques ghanéens et des terroristes islamistes en quête d’occidentaux monnayables sur le marché des otages. Le roman, plaisant et non dénué d’humour, dresse ainsi un portrait sévère du Bénin : corruption à tous les niveaux, sexe et prostitution, argent facile et trafics divers. Zn 2018, Florent Couao-Zotti a publié l’étonnant Western Tchoukoutou, un roman de la vengeance qui se veut le premier roman-western africain.

Nouveau venu dans le cercle des auteurs béninois de romans policiers, Jacques Houégbè a publié en 2018 aux Éditions plurielles de Cotonou La danse des spectres, un recueil de neuf nouvelles mêlant des intrigues policières au fantastique. Magistrat à Cotonou, familier des prétoires, ii a été accueilli récemment à Bordeaux (France) en résidence d’écriture dans le cadre d’un partenariat entre l’Institut des Afriques et la région Aquitaine.

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Tag(s) : #Afrique de l'Ouest, #Romans en français, #Bénin
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