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Souleymane n’est pas un mauvais bougre, mais il n’est pas très vaillant et il préfère passer ses journées à boire du vin de palme plutôt que de poursuivre des études. Mais, surtout, après des tentatives qui ont tourné à la catastrophe, il voudrait rejoindre l’Europe, objet de tous ses espoirs et de tous ses rêves.

« Un candidat à l’immigration est comme un chercheur d’or. Que les éboulements surviennent et emportent des âmes ; si le chercheur d’or n’y laisse pas sa vie, il poursuivra courageusement sa quête du bonheur. Il en est de même du migrant. La pirogue ou le navire peuvent tanguer ou même chavirer sous la pression des flots agités. Si le migrant s’en sort indemne, il voudra continuer l’aventure dans l’espoir de fouler un jour l’autre rivage de la Méditerranée. » © L’Harmattan Guinée, 2017

C’est alors que son ami Philippe lui recommande un géomancien  un féticheur qui pratique la divination par l'examen des figures que forme une poignée de terre ou de cailloux jetée sur le sol – qui lui promet monts et merveilles. Mais le prix à payer sera celui du sang... et le commissaire Youssouf et l'inspecteur Simakan devront découvrir le meurtrier de trois jeunes femmes.

Roman policier sans suspense ni rebondissements, Le tueur en série de la cité perdue évoque au détour d’une intrigue prévisible le désir d’une vie meilleure et les moyens d’y parvenir. Dans ses romans, les Maigret nottament, Georges Simenon se demande souvent comment on devient un assassin. Ici, la question est de savoir jusqu’où peut-on aller et quel prix est-on prêt à payer pour obtenir ce que l’on veut. Un thème souvent traité, dans Faust ou dans Le Portrait de Dorian Gray.

« Devait-il ôter lui-même les vies humaines, ou recourir aux services d’un criminel sans foi ni loi ? Il se rappela les mises en garde de Koro Sina au sujet de la tenue du secret et résolut d’agir seul. Il attendit jusqu’à l’approche du crépuscule, monta dans une Toyota couleur cendre et sortit de la cour sans préciser sa destination. Sa décision était prise ; il la murmura en appuyant sur l’accélérateur :

- Le sang va couler. » © L’Harmattan Guinée, 2017

Ce court roman de 80 pages – qui pèche par une intrigue simpliste et des protagonistes stéréotypés – mêle l’aventure policière au fantastique sans faire l’impasse sur la question de l’immigration clandestine et sur la réalité guinéenne en matière de criminalité – l’occasion d’une longue énumération de crimes de sang. 

KOULIBALY Mamady (2018), Le tueur en série de la cité perdue, Paris, L'Harmattan.

Tag(s) : #Guinée, #Romans en français, #Afrique de l'Ouest

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