Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les écailles d’or part d'un schéma classique : Makana, un ancien flic soudanais devenu détective privé en Egypte, est chargé par un riche promoteur, homme d’affaires et propriétaire d’un club de football du Caire, de retrouver son joueur vedette qui a mystérieusement disparu. Au même moment, une jeune Anglaise qui recherche sa fille est assassinée. Riches en rebondissements et en événements dramatiques, les deux enquêtes suivent leur cours et il ne faut pas être grand clerc pour comprendre assez vite qu’elles finiront par se rejoindre.

Le roman de Parker Bilal se déroule dans un environnement que connait parfaitement cet Anglais, d’origine soudanaise par son père, qui a vécu à Khartoum et au Caire. Dans un pays miné par la corruption et les affaires douteuses, en proie au terrorisme islamiste, les principaux protagonistes sont des promoteurs et des affairistes sans scrupules, issus pour les uns du banditisme local, pour d’autres des forces spéciales russes. Le polar politique nous a habitués à ce genre de situations et Les écailles d’or respecte les  règles du genre. Makana, privé au bout du rouleau, désargenté et contraint de vivre sur une awama, une sorte de péniche rudimentaire pas très étanche, est bien dans la tradition de ses prédécesseurs, malin, courageux et opiniâtre, sauf que sa consommation d’alcool est inexistante et que sa propension à tomber les femmes fatales nulle. L’auteur en fait quand même un peu trop sur la fin, son héros somme toute assez calme et cérébral se révélant soudainement capable de se sortir des pires situations…

« - Les services de sécurité vous pourchasseront.

- Ca dure depuis des années. Nous n'aurons pas de repos tant que ces kufars ne seront pas chassés du pouvoir, tant que le véritable islam ne sera pas rétabli dans notre pays.

- Et pourquoi pas par des moyens démocratiques ?

- La démocratie, c'est comme l'amour : un mensonge inventé pour que nous restions à notre place, satisfaits de notre sort.

- Certains en diraient autant de la religion. » © Points 2016

Les écailles d’or n’est pas d’une très grand originalité mais on se laisse emporter par sa lecture, malgré une conclusion assez prévisible. Tout d’abord parce que Parker Bilal sait composer une histoire, en mêlant habilement les péripéties de l’enquête et les retours sur le passé de Makana. Ensuite parce que le contexte d’une Egypte plombée par la progression des mouvements islamistes et pillée par des aigrefins sans scrupules est parfaitement dépeint, sans exotisme de pacotille. Les écailles d’or constitue  donc un bon exemple d’un roman d’action en terre africaine écrit par un auteur intimement lié par ses origines au monde qu’il décrit.

BILAL Parker (2015), Les écailles d'or (The golden scales, 2012), Paris, Seuil Policiers, Rééd. Points. Policier (2016).

Tag(s) : #Romans en anglais, #Soudan, #Afrique de l'Est

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :